Dimanche 19 mars 2006
le fait identitaire pose problème. Cela est difficilement démontrable dans l'histoire à cause d'une certaine philogénèse et durement explicable par le seul fait politique. Je m'explique. En tant qu'espèce humaine, nous sommes amenés à changer, à promouvoir notre identité et à séculariser, d'une certaine manière, notre propre histoire. C'est ce devenir historique qui pose problème, mais en même temps, c'est aussi une forte occasion d'entrevoir une identité. Si on fige l'histoire ou le devnir d'une société ou d'une communauté particulière, on lui enlève sa richesse et en même temps, on lui ôte son identité. Donc, comment peut-on palper, saisir, cette notion d'identité ? Est-ce par le seul fait qu'on possède une carte d'identité ? Ou parce qu'on appartient à une communauté d'individus ? La société nous impose ces caractéristiques au vu de sa rationalisation, mais aussi au vu du besoin de lui donner une réalité concrète et pragmatique. De ce fait, on identifie une personne non seulement par sa morphologie propre, mais aussi par sa prétention à vouloir être cosmopolitaine. C'est le champ social qui ouvre le champ identitaire et qui donne la possibilité d'appréhender directement et manifestement une identité. Mayotte illustre, par son particularisme, ce fait. Les réalités locales, l'intégration singulière de Mayotte à la France, sont l'occasion d'amorcer un champ de réflexion quant à ce problème. Mayotte musulmane au sein de la république française, de culture judéo-chrétienne, symbolise ce débat que nous essayons d'avoir ici. On m'a demandé : est-ce que l'actualité mahoraise permet d'entrevoir ce débat ? Je répondrai en posant une question : comment faire entendre la voix mahoraise qui clame son envie de rester française et d'entrer pleinement et totalement dans la république si au préalable on ne pose pas le problème de l'identité mahoraise ? Qui sommes-nous est la juste question à poser quant à notre désir à vouloir être français. Nous avons besoin de ressentir nos réalités, nos destins communs historiques et politiques afin de nous suggérer l'envie de rester pleinement dans la France républicaine. Nous ne voulons pas spécifier le particularisme mahorais, mais juste juxtapposer le mahorais qui est en nous et le français qui est en devenir. Si on distingue ce devenir de l'identité, cette mouvance vers le futur et cette ouverture vers une autre culture, nous acceptons l'idée qu'il existe une identité mahoraise, et cette identité veut se mêler avec une autre. Ceci a le mérite de suggérer que Mayotte n'est pas seulement une culture en devenir historique, mais elle est aussi une expérience vécue et qui a besoin de se déployer au-delà d'elle-même. Elle est une culture qui existe et, de manière empirique, elle est une culture changeante. Par le seul fait politique, nous ressentons le besoin d'affirmer notre désir d'être français tout en nous asseyant sur notre mahorité. Il est naturel de nous demander si on peut concilier ces deux réalités. C'est la question posée aux Mahorais quant à leur devenir politique.