Non seulement il n'y a pas d'engagements fermes de la part de la politique nationale envers Mayotte, de même la force politique menée à Mayotte par les autorités locales manque de forces et de réalisme. On peut déjà dresser un premier constat qui s'avère être une méconnaissance réelle des réalités locales. De plus, le modèle d'actions, à la fois économiques et sociales, promu dans la région n'obéit à aucune intelligence et aucune dextérité face à l'élaboration des besoins de la population. Les politiques ne savent pas, sinon ignorent, ce que veulent les personnes concernées. Il y a un manque visible de pratiques et de réalisme dans la manière dont les autorités ont tendance à gérer Mayotte. En effet, Mayotte ne possède pas, au jour d'aujourd'hui, une véritable politique sociale, économique, culturelle, quotidienne. On ne peut qu'être désolé en voyant qu'il n'y a aucune véritable construction engagée par les autorités. A-t-on su développer à Mayotte une politique culturelle ? A part effectivement les concerts organisés par le CMAC et autres festivités de ce genre, on ne voit pas apparaître à Mayotte une volonté de promouvoir les traditions et us endémiques. Malheureusement, il n'y a pas de musées destinés aux diverses parties de la vie et de l'histoire mahoraise. Il n'y a pas non plus de monuments ou de vestiges qui peuvent amener les Mahorais à penser, ou à repenser, leur essence culturelle et historique. C'est dommage de constater que la vie artistique, la vie symboliquement esthétique et mythique voire mystique présente dans l'île ne puisse pas avoir un socle visible et reconnu par tous. A quand va-t-on célébrer la vie mahoraise ? Pourquoi sommes-nous tant tournés vers les autres en nous ignorant ? Est-ce que notre culture est pour nous une honte ? Quand va-t-on voir un Zénith où les Mahorais et Mahoraises pourront venir chanter, danser et évoquer la culture dans sa forme la plus certaine et la plus véritablement esthétique ? On nous promet, et on nous garantit, une pérennité absolue de notre mode d'être, mais ces promesses semblent être avant tout très velléitaires. Mais, ces quelques constatations ne sont que l'image latente d'une ignorance, voire d'une incompétence de l'entreprise politique. C'est navrant de voir que depuis 1976 la vie sociale des Mahorais n'a guère évoluée. Pourtant, il paraît que ces mêmes Mahorais ont un potentiel de consommation supérieur à la norme nationale. Les Mahorais sont payés avec des cacahuètes et on leur demande de promouvoir un soi-disant pouvoir d'achat. Paradoxale cette situation dans la mesure où aucun responsable politique Mahorais n'a su revendiquer le besoin de consommation par le biais de l'augmentation des salaires. On est sans doute gênés de voir le misérable SMIC mahorais. Est-ce que les Mahorais sont encore sous le dictat de l'esclavagisme dans sa forme moderne ? En effet, la plupart des travailleurs use de leur force et intelligence comme tous les autres citoyens de la Répulique pour se voir rétribuer en salaire d'esclave, c'est-à-dire même pas la moitié du SMIC national. Ou sommes-nous simplement à part ? Dans ce cas, les autorités légiférentes manquent de responsabilité et de pragmatisme, voire de mépris, envers leurs actions face à la population. Les autorités locales sont aveugles. Aveugles face à la situation tiers-mondiste de Mayotte, mais aussi aveugles face à leurs propres convictions politiques personnelles. Peut-on dire qu'ils n'ont pas ce qu'on appelle "la grandeur d'âme" politique ? Ceci peut être amplifié par l'idée qu'ils n'ont pas de véritables perspectives durables, fermes, de la réalité quotidienne, sociale, de Mayotte. En effet, c'est une honte que de voir Mayotte, fille de la République, aussi pauvre, méconnue, ingratement remerciée. Peut-être que nos hommes qui sont en charge de la destinée locale ne sont pas assez formés pour de telles entreprises. Peut-on encore continuer à affirmer que la richesse culturelle, sociale de Mayotte est encore visible ou peut perdurer ?
Par luniz
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Publié dans : luniz-mda
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